Au fil des siècles, la vigne du Vexin a connu des fortunes diverses. À la fin du XVIIIe siècle, le Vexin rassemblait plus de 2000 hectares de vignes, principalement à proximité des centres urbains et religieux (source : Direction des Archives de Paris). Produit alors longuement, le vin du Vexin, souvent appelé "petit vin" ou "vin gris", était largement consommé à Paris – parfois au mépris de la qualité, tant l’afflux était important pour étancher la soif des faubourgs.
Le phylloxéra aura un effet dévastateur, éradiquant des milliers d’hectares entre 1875 et 1900 ; le Foyer rural de Vigny évoque ainsi "une hécatombe silencieuse". Seules quelques familles, associations, ou institutions religieuses sauvegardèrent quelques ares par conviction ou attachement au terroir.
La seconde moitié du XXe siècle a vu reparaître la vigne, portée par l’élan de sauvegarde du patrimoine local (loi de 1976 sur la protection des paysages ruraux). Cette dynamique s’exprime aujourd’hui à travers plus d’une dizaine de sites labellisés dans le Vexin français, souvent à l’échelle associative ou municipale, avec une production confidentielle (souvent moins de 1000 bouteilles par an par site, selon la Fédération des Vignerons d’Île-de-France).